Rapport de durabilité CSRD : structure, contenu et bonnes pratiques

Le rapport de durabilité CSRD : un document central

Le rapport de durabilité est le document par lequel les entreprises soumises à la CSRD publient leurs informations sur leurs impacts, risques et opportunités en matière de durabilité. Il est intégré au rapport de gestion de l'entreprise, dans une section clairement identifiée et délimitée. Ce n'est donc pas un document séparé, mais une partie substantielle du rapport annuel.

Structure obligatoire selon les ESRS

Le rapport de durabilité doit suivre la structure définie par les normes ESRS. La norme ESRS 2 impose une architecture en quatre blocs :

Bloc 1 : Gouvernance (GOV)

Ce bloc décrit comment l'entreprise gouverne ses enjeux de durabilité. Il couvre :

Bloc 2 : Stratégie (SBM)

Ce bloc explique comment les enjeux de durabilité sont intégrés dans la stratégie et le modèle d'affaires. Il comprend :

Bloc 3 : Gestion des impacts, risques et opportunités (IRO)

C'est le cœur du rapport. Il décrit comment l'entreprise identifie et gère ses impacts négatifs et positifs, ses risques et ses opportunités. Il inclut :

Bloc 4 : Métriques et cibles (MT)

Ce bloc contient les indicateurs quantitatifs et les objectifs chiffrés de l'entreprise. Il s'appuie sur les indicateurs définis dans les ESRS thématiques (E1 à E5, S1 à S4, G1).

Les indicateurs clés à publier

Selon les normes ESRS matérielles pour l'entreprise, voici des exemples d'indicateurs incontournables :

Environnement (ESRS E1 — Changement climatique)

Social (ESRS S1 — Propres salariés)

Gouvernance (ESRS G1)

Le format électronique : iXBRL obligatoire

Les entreprises tenues de publier leurs rapports financiers en format XBRL ou iXBRL doivent également baliser leur rapport de durabilité dans ce format. Cette exigence permet aux régulateurs et aux investisseurs d'analyser les données de durabilité de manière automatisée et de les comparer entre entreprises.

Concrètement, cela implique d'utiliser un outil de balisage iXBRL compatible avec la taxonomie CSRD publiée par l'ESMA (Autorité européenne des marchés financiers).

La relation avec le plan de vigilance

Pour les entreprises soumises à la fois à la loi sur le devoir de vigilance (ou la CSDDD) et à la CSRD, le rapport de durabilité CSRD intègre les informations relatives à la due diligence. La norme ESRS S2 (travailleurs de la chaîne de valeur) et la norme ESRS G1 recoupent directement les obligations du devoir de vigilance.

En pratique, les entreprises peuvent fusionner leur plan de vigilance et certaines sections de leur rapport de durabilité pour éviter les doublons. Cette intégration nécessite une coordination entre les équipes RSE, juridique et finance.

Bonnes pratiques des premiers rapports CSRD

Questions fréquentes

Le rapport de durabilité CSRD peut-il être publié séparément du rapport annuel ?

Non. La CSRD impose que le rapport de durabilité soit inclus dans le rapport de gestion, dans une section clairement identifiée. Il ne peut pas être publié comme un document indépendant. Cependant, certaines entreprises choisissent d'en publier une version résumée ou enrichie (avec des visuels) sur leur site internet, en complément du document officiel intégré au rapport annuel.

Quelle est la longueur typique d'un rapport de durabilité CSRD ?

Les premiers rapports CSRD publiés par les grandes entreprises comptent souvent entre 50 et 200 pages, selon la complexité de l'entreprise et le nombre de sujets matériels. Cette longueur est supérieure à celle des anciennes DPEF, reflétant le niveau de détail requis par les ESRS. Des efforts sont faits pour améliorer la lisibilité et éviter les rapports trop volumineux et peu utilisables.

Les données du rapport de durabilité doivent-elles être vérifiées par un tiers avant publication ?

Oui. La CSRD impose une vérification externe par un commissaire aux comptes ou un OTI accrédité. Cette vérification doit intervenir avant la publication du rapport. Dans un premier temps, une assurance limitée (qui vérifie la vraisemblance des informations) est requise, avant une éventuelle montée en exigence vers l'assurance raisonnable (similaire à un audit comptable complet).